Syndrome Main-Pied pendant la Chimio : découvrez comment mieux l'appréhender
Catégories : Bien-être

Syndrome Main-Pied pendant la Chimio : découvrez comment mieux l'appréhender

Parmi les effets secondaires liés aux traitements anticancéreux, il y en a un qui est souvent méconnu et qui a pourtant un impact considérable sur le quotidien. Aujourd’hui, on vous propose de zoomer sur le syndrome main-pied pendant la chimio.

Qu’est-ce que le syndrome main-pied pendant la chimio ?

Définition du syndrome main-pied

Le syndrome main-pied (SMP pour les intimes) fait partie de la famille des effets secondaires cutanés (dont on se serait frangement bien passé) liés aux traitements anticancéreux. Induit par les molécules présentes dans certaines chimiothérapies ou encore dans certaines thérapies ciblées, ce syndrome n’est pas systématique. Cependant, son apparition peut grandement altérer ce que l’on appelle la qualité de vie de la personne (comprenez qu’il peut vraiment vous poser problème dans vos activités du quotidien).

Comme son nom l’indique, ce syndrome, également joliment appelé érythrodysesthésie palmo-plantaire (mot compte triple au Scrabble, on vous laisse le mémoriser), apparaît au niveau des mains et/ou des pieds. Les douleurs et désagréments arrivent généralement quelques jours à semaines après la première injection de chimio.

Les symptômes courants du syndrome main-pied

Pour que vous soyez certaine qu’il s’agit bien du syndrome main-pied, voici quelques symptômes courants qui vous aideront à l’identifier. Dans tous les cas, le mieux, quoique vous ressentiez, c’est d’en parler à votre oncologue et à l’équipe de soins.

Afin d’établir son degré d’importance, il existe une grille en trois stades pour évaluer le syndrome main-pied :

  • Au stade 1, vous pouvez généralement constater des signes cutanés comme des rougeurs, des fourmillements, une peau plus sensible, une sensation (fort désagréable) de mains ou de pieds engourdi.e.s.
  • Au stade 2, à ces symptômes déjà peu réjouissants, s’ajoutent éventuellement des cloques, des œdèmes et des sensations de brûlure.
  • Au stade 3, la peau devient (en plus de tout le reste) très sèche, elle peut peler et les crevasses peuvent même être de la partie. En résumé, la douleur s’intensifie, ce qui peut entraîner une difficulté dans les actes du quotidien : marcher, écrire ou encore conduire deviennent des activités extrêmement compliquées.

Les facteurs de risque associés à la chimiothérapie

Le syndrome main-pied arrive parfois au cours de la chimiothérapie, quand les produits et molécules qu’elle contient se frayent (par erreur) un chemin jusque dans les petits capillaires sanguins des mains et/ou des pieds.

Il a été remarqué que cela semblait arriver plus souvent aux personnes qui utilisaient davantage leurs mains/pieds (métiers manuels, danseurs et danseuses, randonneurs et randonneuses, etc). Quoiqu’il en soit, il n’y a pas de généralité, alors le mieux, si vous avez un doute, c’est d’en parler.

Quel est le diagnostic du syndrome main-pied ?

Diagnostic par les professionnels de santé

Seuls les professionnels de santé pourront vous confirmer qu’il s’agit bien d’un syndrome main-pied. Pour cela, vous pouvez en parler directement avec votre équipe de soins à l'hôpital.

Sachez que, bien évidemment, les pédicure-podologues sont formés pour l’identification du syndrome main-pied. Ils pourront donc vous donner un avis et vous apporter des conseils. Dans les grands hôpitaux, ces professionnels font parfois partie de l’équipe de soins, sinon, vous pouvez généralement les retrouver au sein de cabinets libéraux.

Importance de l'évaluation des symptômes du syndrome main-pied pour un traitement efficace

Afin de vous aider à mieux vivre ce syndrome (et si possible à le faire disparaître !), les équipes de soins évalueront son importance grâce à des observations régulières et à des questions qu’ils pourront vous poser à différents stades d’avancée de celui-ci.

Parfois, quand le syndrome main-pied est trop douloureux, l’équipe pluridisciplinaire peut décider d’adapter les traitements, voire de les stopper momentanément dans les cas les plus douloureux.

Quelles sont les options de traitement et gestion des symptômes ?

Des médicaments pour soulager la douleur et l'inconfort

Afin de gérer les symptômes du syndrome main-pied, sachez que votre oncologue peut vous prescrire des médicaments. Généralement, les antalgiques sont indiqués ainsi que des anti-inflammatoires ou encore des corticoïdes dans certains cas. Mais bon, comme nous ne sommes pas médecins, encore une fois, on vous invite à vous tourner vers les personnes compétentes :)

Stratégies de soin et prévention des lésions cutanées

Photo d'une main gantée qui soigne un pied.

Vous connaissez l’expression : mieux vaut prévenir que guérir ! Afin de limiter l’apparition du syndrome main-pied et ses douleurs, on vous recommande frangement, si vous le pouvez, de vous rendre chez un pédicure-podologue en amont de votre première injection. Cela permettra de soigner vos pieds avant les traitements et d’ainsi limiter les désagréments.

Notre autre conseil afin de prévenir les lésions cutanées ? Commencez à appliquer plusieurs fois par jour de la crème hydratante pour les mains et les pieds avant même le début de votre chimiothérapie.

Photo de deux mains qui étalent de la crème hydratante.

Aussi, petits tips entre nous : vous vous en doutez, vos mains sont très fragiles en cette période particulière. Si vous êtes une accro du gel hydroalcoolique, sachez qu’il n’est pas votre meilleur ami en ce moment. À la place, on vous recommande de vous tourner vers des produits plus doux et adaptés à votre peau sensible, comme la mousse désinfectante de Même Cosmetics, par exemple.

Rôle des soins complémentaires dans la gestion du syndrome

Afin de mieux vivre le syndrome main-pied, il existe des soins complémentaires aux médicaments.

Ainsi, vous pouvez demander à l’équipe de soins s’il est possible d’avoir des gants et des chaussettes réfrigérés pendant vos séances de chimio : cela permet d’éviter au maximum l’arrivée du produit jusqu’aux extrémités et ainsi de limiter son impact sur vos mains et vos pieds. Si vous choisissez cette alternative, n’oubliez pas de porter un petit bonnet en laine tout doux pendant votre séance, histoire de ne pas avoir trop froid.

Photo de Julie qui porte un bonnet rose.

Si des séances de socio-esthétique sont proposées dans votre service, n’hésitez pas à en demander. En effet, les socio-esthéticiennes peuvent prodiguer des soins qui apaisent réellement les symptômes du syndrome main-pied (à condition qu’il s’agisse d’un stade 1 ou 2, au-delà, seuls les soins infirmiers pourront vous aider).

Enfin, si vous êtes concernée par de fortes sensations de brûlure, avoir recours à des coupeurs de feu peut être une option (parfois, les services disposent même d’une liste de personnes qui proposent cette pratique).

Comment mieux vivre avec le syndrome main-pied pendant la chimiothérapie ?

Conseils pratiques pour améliorer la qualité de vie

Afin de mieux vivre au quotidien avec le syndrome main-pieds, voici nos petits conseils de Franjynes :

  • Évitez de porter des chaussettes, chaussures, gants, bagues (bref, tout ce qui touche à vos mains ou vos pieds), trop serrés
  • Limitez les douches et bains trop chauds
  • Hydratez, hydratez et hydratez vos mains et vos pieds autant de fois que vous le pouvez et si possible massez-les (ou mieux, demandez à quelqu’un de le faire ! ;))

Par rapport à l’hydratation, il existe de nombreuses crèmes pour les mains. Certaines, comme le Cicaplast de La Roche Posay sont idéales au quotidien, mais peuvent également faire des merveilles la nuit. L’astuce de Julie ? Appliquez ce type de crème avant d’aller au lit, ajoutez des gants jetables (OK, c’est pas hyper sexy) et dormez une nuit avec. Au réveil, la peau est réellement apaisée, et c’est vivement indiqué pour prévenir l’apparition de crevasses. Mieux vaut prévenir que guérir, c’est ce que l’on disait plus haut, n’est-ce pas ? ;)

Importance du soutien psychologique

Comme pour tout effet secondaire pendant le cancer, on ne vous le répétera jamais assez, l’important (peu importe de quoi il s’agit), c’est d’en parler autour de vous.

Votre équipe de soins est là pour répondre à vos interrogations et pour vous aider à vous sentir le mieux possible pendant cette période plus qu’étrange.

Aussi, n’hésitez pas à en parler avec vos proches, à expliquer que certaines activités (comme faire la vaisselle exemple) vous sont réellement douloureuses (et c’est vrai !).

N’oubliez pas également qu’il existe des psychologues dans les services ou encore des groupes de paroles qui vous permettent d’échanger sur ce que vous êtes en train de traverser.

Enfin, si vous n’avez pas la chance d’être à proximité de ce type de soutien, sachez qu’il existe un réseau social anonyme dédié à l’entraide entre patients : Patients en réseau.

Si les effets secondaires peuvent sembler anecdotiques au regard de la maladie, en réalité, il n’en est rien ! Ils font partie intégrante de votre quotidien : mieux les comprendre, c’est apprendre à mieux les limiter et/ou à mieux vivre avec. Le syndrome main-pied pendant la chimio n’est pas une fatalité, mais s’il vous touche, on vous espère mieux armée pour l’affronter.

Envie d’autres astuces ? Découvrez touuuuuuus nos conseils pour prendre soin de vos mains pendant les traitements.

On vous envoie tout notre soutien de sœurs de combat et on vous dit à très vite !