The story

Histoire

Je m’appelle Julie Meunier,
j’ai 35 ans, je suis Taureau, c’est-à-dire fonceuse, et depuis qu’un cancer a fait prendre un tournant radical à ma vie, je suis devenue, en plus du sosie assumé de Mireille Mathieu, puis de Blondie d’un point de vue capillaire, une soeur de combat et une fabricante de bien-être, grâce à l’entreprise Les Franjynes que j’ai créée à la suite de cette épreuve.

Il y a six ans, j’avais donc 27 ans, j’étais blonde platine, j’avais les cheveux longs jusqu’à la taille, j’étais en couple, propriétaire de mon appartement et juriste dans une grande entreprise. Mais en mars 2015, à l’aube de mes 28 ans, tout a basculé. Une météorite est venue s’écraser en silence dans mon sein gauche : un petit caillou extraterrestre et hostile de cinq centimètres appelé communément cancer ou tumeur dans le jargon médical, et que j’ai baptisé quelques semaines plus tard Jean-Yves, car ce prénom m’a toujours fait sourire et je le trouve beaucoup plus sexy que « tu meurs » !

Dix-huit mois de cohabitation intense avec cette chose d’un autre monde qui ne parlait même pas ma langue, un essai clinique, vingt- quatre chimiothérapies, deux opérations et quarante séances de radiothérapie plus tard, j’ai fini par réussir à lui donner son congé sans préavis afin de le réexpédier en fusée vers sa galaxie lointaine. Je me suis alors reconstruite, loin de ce fâcheux premier contact, au fur et à mesure que mes cheveux repoussaient sur ma tête. Une vraie renaissance,  au sens propre comme au figuré. Je ne suis plus la même et, du haut de mon mètre cinquante-neuf, j’ai l’impression d’avoir grandi, d’avoir vieilli, d’avoir mûri, d’avoir changé… et pas seulement physiquement. Rien n’est plus pareil. Mes projets de vie, mes priorités, mes envies, mes amis : tout a changé. Mes idées sont exacerbées et mon envie de vivre mes rêves est décuplée. Moi, l’artiste contrariée qui manquait de confiance en elle, je n’ai plus peur… Sauf que la maladie revienne.

Je me sens comme Superman et sa kryptonite. Depuis l’enfance, j’avais fait en sorte de me plier aux exigences de chacun, je voulais être par faite, plaire à tout le monde et ne jamais décevoir personne. Je suis devenue, par la force des choses, celle que l’on voulait que je sois, et il a fallu que je fasse la malheureuse rencontre de Jean-Yves pour me décider enfin à devenir celle que je voulais être. C’est donc l’histoire d’une prise de conscience, et du coup de pied que j’ai assené à ma vie entière. Parce qu’on n’a pas besoin d’être vieux et sage pour avoir le droit de dire qu’on n’a qu’une seule vie et qu’il faut profiter de chaque seconde qu’elle nous offre. Et qu’il n’est pas égoïste de reconnaître qu’on est la personne la plus importante de sa vie – c’est même vital !

J’ai décidé de vous raconter en toute transparence mon parcours de combattante, ce que j’ai appris de cette parenthèse désenchantée et ce que j’en ai fait, tout en gardant à l’esprit que la maladie est un voyage éprouvant, qui nous confronte aussi au déni, à la colère et à la détresse. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il arrive que ce soit en pleine tempête que nous trouvions en nous des ressources insoupçonnées pour nous accrocher à l’essentiel et transformer l’essai, le faisant passer du lourd statut d’épreuve à celui d’expérience. Je souhaite vous faire part d’un cheminement possible, grâce à des conseils issus de mon vécu, et vous montrer qu’il existe une voie vers l’acceptation et le renouveau. Il y a sans aucun doute un avant et un après, et je désire vous montrer que, malgré les traitements et les stigmates physiques et psychologiques, il est possible de reprendre confiance en soi, d’en sortir la tête haute, d’accepter d’être différent, et même d’en faire sa plus grande force, afin de se surpasser.